Apprendre entre voisins : quand les jardins deviennent des laboratoires vivants

Bruxelles Municipality

Le dimanche 12 avril au matin, dans le quartier du Verregat à Laeken, Charlotte et Stijn ont ouvert les portes de leur jardin aux habitant.es du voisinage. L’occasion pour eux de partager leur expérience concrète autour de la gestion intégrée des eaux pluviales, et de démontrer que les solutions fondées sur la nature sont à la portée de toutes et tous… et qu’elles contribuent à transformer durablement notre rapport à la ville. 

Retrouver la nature en ville : l’expérience de Charlotte

Venue de la campagne et sensible aux enjeux environnementaux, Charlotte s’est lancée dans son premier projet sans connaissances préalables. Son objectif : reconnecter son jardin à des cycles naturels tout en contribuant à la gestion de l’eau en milieu urbain.

Elle a ainsi déconnecté sa toiture du réseau d’égouttage pour installer une citerne de récupération d’eau de pluie de 350 litres. Le trop-plein alimente trois zones d’infiltration, permettant de gérer une surface déconnectée de 134 m². Avec une capacité d’infiltration de 4 m³, son jardin absorbe désormais les eaux de pluie plutôt que de les évacuer vers les égouts.

Au-delà de l’aspect technique, Charlotte insiste sur les bénéfices humains et écologiques de la démarche. Le chantier a suscité l’entraide entre voisins, éveillé la curiosité et renforcé les liens locaux. À l’échelle du territoire, chaque goutte infiltrée en amont contribue à réduire les risques d’inondation en aval.

En trois mois, son jardin a commencé à se transformer. La terre excavée a été réutilisée pour réaménager l’espace, et la biodiversité a progressivement fait son retour. L’eau récupérée sert aussi à l’arrosage.

Repenser son espace et agir collectivement : l’approche de Stijn

De son côté, Stijn a découvert ces pratiques lors d’un atelier organisé à la maison coopérative ‘Le Romarin’. Sans expertise préalable, il a expérimenté « pas à pas ».

Son projet inclut la déconnexion de sa toiture et celle de son voisin, reliées à un wadi, une zone d’infiltration paysagère de 50 m², avec une capacité de 2 m³. Au total, ce sont 100 m² de surface qui ne déversent plus leurs eaux dans les égouts.

L’approche de Stijn se distingue par une attention particulière au choix des matériaux : aucun élément non naturel n’a été utilisé, et l’origine des ressources, comme le bois de châtaignier provenant du sud de la France, a été réfléchie. Au-delà de la gestion de l’eau, ce projet a été l’occasion de repenser entièrement son jardin : la création d’une terrasse et la nouvelle organisation de l’espace ont donné une impression d’ouverture et de grandeur. Mais surtout, Stijn exprime une motivation forte : celle de contribuer à un effort collectif et de se sentir utile face aux défis environnementaux.

Comme pour Charlotte, l’accompagnement technique de la Ville de Bruxelles a été essentiel. L’aide de proches et du voisinage a également joué un rôle clé.

Des initiatives locales qui inspirent

Ces deux expériences illustrent à quel point les jardins privés peuvent devenir des leviers d’action face aux enjeux de gestion de l’eau et d’inondation.

En partageant leurs apprentissages, Charlotte et Stijn participent à un mouvement plus large : apprendre des autres, désapprendre certaines pratiques, et réinventer ensemble notre manière d’habiter la ville.

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